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đ Un pays qui laisse mourir ses enfants a dĂ©jĂ perdu son Ăąme
Pour toi seul fiston, je sors du silence.
Pour toi seul, je brise ma quarantaine et je crie
Mon corps est traversé par la colÚre.
Mon esprit est en feu.
Mon ĂȘtre tout entier est rĂ©voltĂ©.
Dites-moi chers assassins:
Ă force de sang versĂ© pour des courses Ă la nomination, quâest-ce qui a rĂ©ellement changĂ© dans ce pays ?
Ă force de vies arrachĂ©es, quâavez-vous construit dâextraordinaire pour justifier tant de morts ?
Ăst-il nĂ©cessaire que le sang coule ?
Ăst-il inĂ©vitable que des familles soient dĂ©truites ?
âïž Depuis quelque temps, des enfants disparaissent.
Et lorsquâon les retrouve, câest trop souvent sans vie.
Pourquoi ?
Pour le pouvoir ?
Pour des intĂ©rĂȘts obscurs ?
Pour des postes ?
Quelle déchéance morale.
Quelle faillite collective.
đąđ Aujourdâhui, je pleure avec la famille endeuillĂ©e.
Je pleure pour cette vie de plus volée.
Et je crie parce que la justice tarde, et elle ne fera rien
Parce que lâimpunitĂ© rĂšgne, en maĂźtre ici.
Parce que je sais et vous savez avec le sentiment terrible que les coupables ne seront jamais inquiĂ©tĂ©s.đĄđĄ
Un peuple qui souffre ne demande pas la vengeance, il exige la vĂ©ritĂ©, la justice et la fin de lâimpunitĂ©.
Dire #TropCTrop ne suffit plus si cela reste un mot vide.
Dire #STOP exige du courage politique, des actes concrets, des institutions qui protĂšgent les faibles au lieu de couvrir les puissants.
đŻđđœ La question est simple et grave :
Qui aura enfin le courage de rompre avec ces pratiques obscures ?
Qui osera couper les liens qui étouffent notre avenir ?
Car si rien ne change, dâautres enfants partiront.
Dâautres familles seront brisĂ©es.
â«ïž Et un pays qui enterre ses enfants enterre son propre futur.
Aujourdâhui, je nâai presque plus de mots pour tout ce qui se pas dans ce pays.đĄđ
Mais je refuse me taire pour toi.
Mais je suis mĂšre, ce crime de plus me rĂ©volte et je me sentirai plus en sĂ©curitĂ© avec mes enfants ici.đđœđ
Chaque enfant du Gabon est un peu notre enfant. Sa disparition est une panne de lumiĂšre pour tout le pays. Sa mort, une dĂ©chirure dans le tissu mĂȘme de notre humanitĂ©.
le Gabon pleure un enfant. Un enfant qui avait un nom, un prĂ©nom, un avenir volĂ©. Un enfant que nous nommons dans notre peine : #Cameron. En ce jour de deuil national, nos pensĂ©es vont, dâabord et avant tout, vers sa famille. Vers des parents plongĂ©s dans un abysse de souffrance oĂč aucune parole ne peut descendre. Nous leur adressons nos condolĂ©ances les plus profondes et les plus respectueuses, dans le silence que mĂ©rite une telle douleur.
Repose en paix, cher enfant. Ton Ă©toile sâest Ă©teinte trop tĂŽt, mais ta mĂ©moire allumera peut-ĂȘtre le feu sacrĂ© de notre sursaut.
Un crime de plus, câest dĂ©jĂ trop. Un crime de trop, câest celui qui doit sonner le glas de notre laxisme, de notre rĂ©signation, de notre silence. La RĂ©publique affirme quâelle protĂšge ses enfants.

Alors, quâelle le dĂ©montre. Sans faiblesse. Sans lenteur. Sans compromis. Pour Cameron. Pour tous les enfants disparus dont on a oubliĂ© les noms.
Pour les familles brisées qui errent dans un deuil sans fin.
Pour lâĂąme mĂȘme du Gabon, qui ne peut se construire sur le chagrin de ses enfants.
#JusticeForCameron
#LaTribuneDuBled
Claire Newman